7 avril 2026
Conflits, stress, violences… 6 salariés sur 10 auraient été confrontés à des situations risques psychosociaux (RPS) en 2025. Identifier et prévenir ces risques contribue à préserver la santé de vos collaborateurs et les performances de votre entreprise. L’intégration des RPS dans votre Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) est une obligation légale. Mais c’est surtout un outil structurant de votre démarche de prévention. N’hésitez pas à solliciter l’accompagnement de votre Service de prévention et de santé au travail (SPST).
Tenu de protéger la santé et la sécurité de ses travailleurs (salariés, intérimaires, stagiaires…), tout employeur doit recenser et évaluer les risques professionnels, y compris psychosociaux, liés à l’activité de son entreprise. Dès l’embauche d’un premier salarié, il lui incombe d’établir un document unique pour y consigner ces risques, le DUERP.
Le DUERP doit également lister les actions prévues ou mises en œuvre pour prévenir ou limiter ces risques. Dans les entreprises de plus de 50 salariés, ces mesures sont décrites dans le Programme Annuel de Prévention des Risques Professionnels et d'Amélioration des Conditions de Travail (PAPRIPACT).
Le DUERP n’est pas qu’une formalité obligatoire ! En permettant à l’entreprise de disposer d’une vision globale et détaillée de ses risques professionnels, il constitue un outil clé qui lance, structure et pérennise la démarche de prévention. Il permet également de tracer les évolutions de l’entreprise, en particulier en termes d’exposition aux risques.
Le DUERP doit être mis à jour au minimum chaque année. Il doit aussi l'être en cas de décision d'aménagement impactant sur la santé ou la sécurité des travailleurs (uniquement dans ce dernier cas pour les entreprises de moins de 11 salariés).
Le Comité social et économique (CSE) de l’entreprise, s’il existe, doit être consulté à la création et à chaque modification du DUERP. À chaque mise à jour, le DUERP est transmis au SPST de l’employeur.
Parce que ce sont de vrais risques. Les RPS sont des risques pour la santé mentale et physique des travailleurs liés aux conditions, à l’organisation ou aux relations de travail. Ils comprennent notamment le stress, les violences internes et externes ainsi que le syndrome d’épuisement professionnel. Ils doivent être pris en compte au même titre que l’exposition aux agents chimiques CMR, les risques de chute, le travail de nuit ou les risques routiers.
Parce que le Code du travail renforce leur prévention. Il y a plus de 15 ans, deux accords nationaux interprofessionnels ont été rendus obligatoires par arrêté, l’un sur le stress au travail, l’autre sur le harcèlement et la violence au travail. En 2020, un nouvel accord a souligné l’importance de la prévention primaire des RPS pour protéger la santé des travailleurs et améliorer la qualité de vie au travail. Il a été transposé en Loi en 2021. La formalisation d’une démarche de prévention des RPS par le DUERP permet à l’entreprise de mieux se conformer à la règlementation.
Parce que cette démarche de prévention est toujours gagnante. Les risques psychosociaux ont un coût considérable. Ils dégradent le bien-être des salariés et augmentent l’absentéisme : en 2024, 11% des arrêts maladie étaient directement associés aux RPS. Ils favorisent également les accidents du travail : 12 000 d’entre eux étaient liés aux RPS en 2023. Enfin, ils dégradent le climat social de l’entreprise, diminuent sa productivité et altèrent son image. Évaluer les facteurs de risque de RPS, inclure les RPS dans le document unique et mettre en place une stratégie de prévention adaptée bénéficie donc à tous.
Différents outils sont à disposition des entreprises pour les aider dans l’évaluation des facteurs de risques psychosociaux et leur intégration dans le DUERP :
aux entreprises de plus de 50 salariés l’outil « RPS-DU », un guide comprenant une grille d’évaluation des RPS, un tableau de synthèse et un tableau de suivi des actions ;
aux entreprises de moins de 50 salariés l’outil « Faire le point » (version interprofessionnelle).
Les SPST peuvent également épauler les entreprises dans cette démarche. Depuis quelques années, leurs missions ont en effet été étendues à l’évaluation des facteurs de risques professionnels et leur prévention.
L’équipe d’experts du CIAMT vous propose un accompagnement sur-mesure pour l’élaboration de votre DUERP et votre démarche de prévention des RPS. Et ce, à chaque étape : identification des RPS et formalisation dans le document unique, évaluation et analyse des RPS et enfin priorisation, planification et mise en œuvre d'actions. Elle est également à vos côtés sur la durée, que ce soit pour le suivi de l’évolution des RPS ou la mise à jour du DUERP de votre entreprise.
Le médecin du travail est habilité à conseiller l’employeur et les salariés sur la prévention des risques de santé et de sécurité en entreprise et l’amélioration des conditions de travail.
Il peut donc participer à la réalisation et la mise à jour du DUERP. Il peut en particulier repérer des signaux d’alerte à l’occasion des visites médicales obligatoires ou sollicitées.
En effet, ses consultations sont des moments privilégiés pour identifier des RPS parfois invisibles et évaluer leur impact sur la santé des salariés concernés : elles lui permettent par exemple de proposer à l’employeur des mesures individuelles correctrices.
Plus largement, il peut apporter un éclairage médical précieux aux réflexions sur les RPS ainsi qu’un avis expert, vu du terrain, sur les actions de prévention utiles à mettre en œuvre.
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INRS : Evaluation des risques professionnels et document unique, juin 2025