Travail de nuit : comment prévenir les chutes de plain-pied ?

16 juillet 2026

En France, le travail de nuit concernerait plus de 3 millions d’actifs . Plus de productivité, de flexibilité, de rémunération… ses avantages sont appréciés par les salariés et les entreprises. Mais il expose aussi des risques pour la sécurité des travailleurs. Fatigue, baisse de la vigilance et manque de visibilité favorisent les accidents du travail, y compris des chutes de plain-pied. Le CIAMT vous propose de vous apporter son éclairage sur ces risques professionnels et de vous accompagner pas à pas dans leur prévention.

Travail en horaires décalés : 1 travailleur sur 3 concerné

Le travail de nuit commence à 21 h et se termine à 6h (7 h dans certains activités). Il fait partie des horaires « décalés » ou « atypiques » comprenant le travail le soir ou très tôt le matin, le travail posté en 3x8, etc. 

En 2019, 36% des travailleurs avaient des horaires atypiques de travail en France. Le travail de nuit concerne 11 % des travailleurs (26% entre 20h et minuit) . Il est pratiqué dans de nombreux secteurs, notamment la fabrication de denrées alimentaires, le transport, l’entreposage, la santé, l’hébergement et la restauration.

Les chutes de plain-pied, un risque sous-estimé au travail

Les chutes de plain-pied sont des chutes où l’on tombe de sa propre hauteur sur une surface plane. Généralement, il s’agit d’une chute au sol lors d’un déplacement à pied. Elles se distinguent des chutes de hauteur (depuis une échelle, un échafaudage, un toit, etc.). 

Les chutes de plain-pied ne sont pas toujours des incidents bénins, au contraire ! Elles sont la 2ème cause d'accident du travail avec 4 jours d'arrêt ou plus. Elles peuvent engendrer des blessures importantes, des incapacités durables, parfois des décès.

Un risque de chute qui grimpe pendant la nuit 

Le travail de nuit perturbe l'horloge biologique du corps, programmée pour dormir la nuit. De plus, il ne permet généralement pas de maintenir une durée de sommeil journalier suffisante. Il expose donc à de la fatigue et de la somnolence, facteurs de risque bien établis d’accidents du travail, dont des chutes.

Travail de nuit et risques d’accident : les chiffres

Selon des études réalisées en Amérique du Nord, les risques d’accident augmenteraient de 30% pendant le travail de nuit. Environ 10% des accidents du travail seraient attribués au risque accru du travail en horaires atypiques : le soir, la nuit et tôt le matin. En cause : le manque de sommeil, dont les effets s’amplifient en milieu et fin de nuit (entre 2 h et 5 h du matin) . Ces accidents seraient également favorisés par des conditions de travail particulières : travail de nuit sous pression de temps, effectif réduit voire travail isolé, sans supervision d’un manager ou soutien de collègues…

En France, les risques du travail de nuit pour la santé et la sécurité des travailleurs sont reconnus. Le travail de nuit est donc encadré par le Code du travail et ses risques font l’objet de campagnes de sensibilisation.

Davantage de facteurs de risque de chutes de plain-pied

La nuit, les fonctions motrices, posturales et cognitives sont censées être mises au repos par le sommeil : elles sont donc naturellement moins performantes si on travaille. Le maintien de la vigilance est plus difficile et les réflexes ralentissent, ce qui altère la détection des dangers et allonge le temps de réaction.

De plus, le travail de nuit diminue l’attention visuelle, alors que la visibilité à l’intérieur et autour des locaux est réduite par l’absence de lumière naturelle et parfois, par un éclairage insuffisant. Cela complique la perception des obstacles, des dénivelés ou des sols glissants, facteurs de risque majeurs de chutes de plain-pied.

Que faire pour prévenir les risques de chute au travail la nuit ? 

Il est recommandé aux employeurs de réduire le recours au travail de nuit et de veiller : 

  • au respect des mesures de prévention des chutes de plain-pied : sols dégagés, escaliers avec rampe, formation des salariés à la sécurité au travail… ; 
  • à la mise en place d’un éclairage optimal pour les activités nocturnes ;
  • à anticiper l’organisation du travail pour éviter les urgences la nuit ;
  • à l’aménagement d’espaces de pause, de snacking et de micro-siestes pour les travailleurs de nuit .

De leur côté, les salariés devraient informer leur employeur ou représentant du personnel de tout facteur détecté de risque de chute de plain-pied nocturne, qu’il s’agisse d’un éclairage défectueux ou d’un sol rendu glissant par le nettoyage à l’aube.

Le CIAMT, à vos côtés pour assurer la sécurité au travail

L’équipe d’experts du CIAMT allie ses compétences complémentaires pour aider les employeurs et les salariés à prévenir les risques de chutes de plain-pied pendant le travail de nuit.

Côté employeurs : accompagnement et conseil

Les employeurs sont tenus d’évaluer les risques spécifiques aux postes concernés par le travail de nuit et de consigner des mesures de prévention adaptées dans le Document Unique d’Evaluation des Risques Professionnels (DUERP). Le CIAMT peut les aider à évaluer ces risques et se conformer à la règlementation.

De plus, les ergonomes du CIAMT peuvent soutenir les employeurs dans l’identification des risques de chutes de plain-pied en entreprise. Ils réalisent des visites sur site destinés à analyser l’environnement de travail (voies de circulation, escaliers, éclairage, etc.) et proposent des solutions optimisant la sécurité des travailleurs. N’hésitez pas à solliciter les experts du CIAMT pour un conseil sur-mesure d’aménagements de poste et d’organisation de travail réduisant les risques d’accident pendant le travail de nuit.

Côté salariés : information et suivi médical

Les travailleurs de nuit bénéficient d’une visite d’information et de prévention avant leur embauche, puis d’un suivi médical renforcé. Pour le médecin ou l’infirmier du travail, ces dispositifs sont l’occasion de sensibiliser ces salariés aux risques du travail de nuit, mais aussi d'évaluer l’impact du travail de nuit sur leur santé et de leur fournir des conseils d’alimentation ou de sommeil pour préserver leur forme et leur vigilance.  

Le CIAMT peut également organiser des ateliers collectifs de prévention des risques chutes de plain-pied auprès des salariés.

En savoir plus

Le webinaire du CIAMT sur la prévention des chutes
INRS : Le travail de nuit et le travail posté (brochure)
INRS : L’essentiel sur les chutes de plain-pied (dépliant)


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