Prévention des addictions en entreprise : l’intégrer dans le DUERP
20 août 2026
Alcool, tabac, cannabis, médicaments psychotropes… Deux actifs français sur trois consommeraient une ou plusieurs substances addictives. Si l’environnement de travail tend à protéger du risque de dépendance, il peut aussi contribuer à l’aggraver ou la déclencher. Avec des coûts pour la santé des salariés et de l’entreprise : maladies, absentéisme, accidents du travail, désinsertion professionnelle… Au-delà des interdictions et contrôles, évaluez les facteurs de risque d’addiction liés aux conditions de travail de vos salariés afin d’engager des actions de prévention efficaces : le CIAMT est à vos côtés dans cette démarche.
Évaluer les situations à risque dans le DUERP
L’identification et l’évaluation des facteurs de risque de consommation de substances addictives liés au travail devraient être consignées dans le Document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP). Elles peuvent par exemple tenir compte :
- des « tentations » d’utilisation de substances psychoactives, même occasionnelles : repas d’affaires, apéros entre collègues, séminaires, fêtes pour les signatures de contrats, pots d’accueil et de départ… ;
- d’une facilité d’accès à ces substances : fabrication, vente et distribution d'alcool, de tabac ou de médicaments psychotropes, métiers de la restauration, du spectacle, de la nuit, des milieux festifs... ;
- de certaines conditions de travail difficiles, notamment : les risques psychosociaux (RPS) et leur causes : stress, conflits, surcharge de travail, exigences élevées de performance, précarité de l’emploi…, les horaires atypiques dont le travail de nuit, les efforts physiques importants : port de charges lourdes, froid ou chaleur excessive, le travail au contact du public ou au contraire isolé.
Mettre en place une démarche de prévention des addictions en entreprise
Les mesures de prévention des addictions au travail doivent être réfléchies en impliquant les salariés, leurs représentants ou le CSE s’il existe, sous le conseil du Service de Prévention et de Santé au Travail (SPST). Elles doivent également être consignées dans le DUERP. Elles peuvent comporter des actions visant par exemple à :
- réduire globalement les facteurs de risque de consommation de substances psychoactives : prévention des RPS, amélioration de la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT)… ;
- informer et sensibiliser les salariés sur les risques, la prévention et les dispositifs d’aide en cas de consommation de substances au travail : affiches, ateliers de sensibilisation, diffusion de brochures, relai des campagnes nationales… ;
- former les managers à la détection des signaux faibles de mal-être et de consommation de substances chez les salariés ;
- renforcer l’interdiction de la consommation de tabac au travail et l’information sur l’aide au sevrage ;
- mieux encadrer ou interdire la consommation de tout alcool sur le lieu de travail via le règlement intérieur.
Que penser des tests de dépistage ?
Si le règlement intérieur de l’entreprise le prévoit, des tests salivaires de dépistage de stupéfiants ou des éthylotests peuvent être réalisés par l’employeur sur les postes pour lesquels la prise de drogue représente un risque élevé de sécurité .
Les dépistages peuvent éviter des mises en danger immédiats, mais selon la Haute Autorité de Santé, il n’existe pas de preuve qu’ils diminuent à eux seuls la consommation de substances psychoactives ou les accidents du travail. Ils restent un outil complémentaire de la prévention, la sensibilisation et l’amélioration des conditions de travail.
Addiction en entreprise : le rôle et l'accompagnement du CIAMT
Les SPST sont impliqués à plusieurs niveaux dans la prévention des addictions liés au travail. Ils ont par exemple pour mission de conseiller l’employeur et les salariés sur la prévention de la consommation d’alcool et de substances sur le lieu de travail. Les visites médicales de suivi peuvent également permettre de repérer des usages problématiques et de fournir à l’employeur des indicateurs de l’addiction en entreprise, dans le respect du secret médical .
Le CIAMT remplit toutes les missions de prévention collective et individuelle des risques professionnels liés aux pratiques addictives. Son équipe d’experts peut aider l’employeur à détecter les facteurs de risque d’addiction sur la Fiche d’Entreprise. Elle peut contribuer à l’élaboration du DUERP en fonction des risques et du règlement intérieur en tenant compte de la conformité juridique de ses dispositions, notamment en matière de dépistage. Le CIAMT peut également organiser des ateliers de sensibilisation sur les conduites addictives (alcool, tabac…) et en amont, accompagner les employeurs et managers dans la prévention des RPS et l’amélioration de la QVCT au sein de l’entreprise. Enfin, le médecin du travail peut soutenir les salariés en difficulté, les conseiller pour leur maintien en emploi et si besoin, les orienter vers un structure d’addictologie.
En savoir plus
INRS : Prévenir les pratiques addictives dans le cadre professionnel (2022) https://www.inrs.fr/dam/inrs/CataloguePapier/ED/TI-ED-6500.pdf
HAS : Usage des substances psychoactives : prévention en milieu professionnel (2025)
https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2025-07/reco441_substances_psychoactives_recommandations_mel.pdf
