Alcool au travail :  détecter des signaux d’alerte chez un collègue et savoir en parler

12 janvier 2026

L’un de vos collègues semble avoir un problème d’alcool au travail. En souffre-t-il ? Met-il en danger sa sécurité et celle des autres par sa consommation d’alcool Dans cette situation délicate, vous pouvez vous poser de nombreuses questions. Nos conseils pour une démarche alliant prévention des risques au travail, tact et bienveillance.

Consommation d’alcool d’un collègue : quel est le problème ?

L’alcool au travail revêt plusieurs dimensions, notamment la consommation d’alcool, l’ivresse et la dépendance

Au travail, la consommation d’alcool est encadrée : elle peut être autorisée pour certains alcools lors des repas et « pots », mais aussi interdite par le règlement intérieur de l’entreprise. Par contre, l’ivresse sur le lieu de travail est toujours interdite.

Si l’un de vos collègues est manifestement ivre, vous devez avertir votre supérieur hiérarchique, qui fera le nécessaire. C’est une mesure de protection inscrite au Code du travail : un travailleur ivre peut se mettre en danger (ou mettre en danger les autres), en particulier s’il conduit ou utilise des machines dangereuses. En signalant la situation, vous contribuez à la prévention des risques d’un accident du travail.

En effet, un salarié en état d’ébriété sur le lieu de travail peut mener à des risques :

  • désorganisation du travail,
  • baisse des performances de l’équipe, etc.

Suspicion d’alcool au travail : repérez les signes d’alerte

Comment détecter les signes d’une consommation d’alcool potentiellement problématique sur le lieu de travail ? Votre collègue peut par exemple : 

  1. Sentir l’alcool, parfois dès le matin.
  2. Avoir une apparence plus négligée.
  3. Être souvent en retard ou absent pour maladie ou pour toute autre « urgence » au milieu d’un travail, faire de longues pauses.
  4. Avoir une élocution un peu plus pâteuse, des maladresses, un teint et des yeux plus rouges, une démarche mal assurée. 
  5. Manifester de l’apathie ou de la nervosité, être d’humeur changeante. 
  6. Présenter des difficultés d’attention ou de mémoire, faire des erreurs pouvant être dangereuses. 
  7. Au fur et à mesure de la journée, être de plus en plus irritable, transpirer et trembler. 
  8. Avoir tendance à s’isoler des collègues et du manager.
  9. Cacher une flasque d’alcool sur lui, dans son bureau ou son casier.
  10. Avoir hâte de partir de son travail ; parfois exprimer l’impatience de boire un verre chez elle pour se détendre .

Attention, c’est surtout l’accumulation de ces signes qui doit vous alerter, car beaucoup d’entre eux peuvent être liés à un tout autre problème personnel ou médical que l’alcool. Vous ne pouvez pas faire de « diagnostic », qui relève du seul médecin.

Comment réagir, vers qui se tourner en cas de problème d’alcool au travail ? 

Sachez que tout salarié devrait, en fonction de ses possibilités, veiller à sa sécurité et celle des autres, selon le Code du travail. Face à un collègue semblant présenter des problèmes d’alcool au travail, on peut être tenté de faire comme si de rien n’était, de ne pas aborder le sujet de la consommation d’alcool par discrétion, voire de le « couvrir » en cas d’incident pour lui éviter des ennuis. 

Mais cela peut au contraire poser de réels risques pour tous, au-delà de l’aggravation de la santé du collaborateur. S’en préoccuper est donc une action prévention des risques, mais aussi une démarche humaine d’attention et de solidarité.

En cas de suspicion d’alcool au travail d’un collègue, vous pouvez essayer de dialoguer avec votre collègue. 

Dans le cas où votre collègue parle de sa dépendance, de sa consommation d’alcool excessive ou plus largement d’un mal-être, vous pouvez lui suggérer de voir le médecin du travail.

Toutefois, si le dialogue est difficile et les risques au travail critiques, vous pouvez aussi alerter votre supérieur hiérarchique. Le service de santé et de prévention au travail (SPST) pourra accompagner votre collègue ou l’orienter vers une structure externe pour une prise en charge globale du problème d’alcool : médicale, psychologique, sociale, etc .  

La dépendance alcoolique est une véritable maladie, avec parfois des souffrances personnelles ou professionnelles qui ont favorisé son développement : des soins et soutiens spécialisés sont nécessaires pour retrouver le contrôle de sa consommation d’alcool.