Les bons réflexes pour prévenir le syndrome du canal carpien au travail

Des fourmis dans les doigts après une journée sur ordinateur ? Des difficultés à bien tenir votre téléphone ? Une maladresse en maniant votre outil ? Ne laissez pas s’installer un syndrome du canal carpien ! Ce trouble musculosquelettique (TMS) qui atteint un nerf du poignet concerne 10% des salariés français. Adoptez les bons gestes et sollicitez le médecin du travail dès les premiers inconforts. 

Qu'est-ce que le syndrome du canal carpien ?

Le syndrome du canal carpien est un ensemble de symptômes provenant de la compression du nerf médian. Ce nerf se trouve dans le canal carpien, un « tuyau » du poignet qui abrite également les tendons fléchisseurs des doigts. Il passe sous le ligament horizontal situé à la base de la main pour se prolonger vers quatre doigts : le pouce, l’index, le majeur et une partie de l’annulaire.

Le nerf médian étant responsable à la fois de la sensibilité et de la motricité de la main, sa compression entraîne des symptômes tels que :

  • picotements, fourmillements, engourdissement, décharges électriques ;
  • inconfort, main « lourde », douleur ressentie comme une brûlure ;
  • perte de force, maladresse, raideurs.

Au début, des sensations inconfortables se manifestent plutôt la nuit ou le matin, puis avec le temps, également pendant la journée lors de certains gestes ou positions. 

Le travail, un facteur de surmenage du nerf du poignet 

La compression du nerf médian peut être provoquée ou aggravée par une activité professionnelle malmenant les poignets et la main avec par exemple : 

  • de mauvaises postures prolongées ; 
  • des gestes répétitifs de poussée/traction ou de flexion/extension ; 
  • des efforts intensifs ou forcés ; 
  • une exposition aux vibrations d’outils et machines électriques ; 
  • des écrasements de la base de la main sur une surface dure. 

Le syndrome du canal carpien peut aussi être favorisé par des travaux réalisés dans le froid ou sous stress. 

Les secteurs d’activité les plus durement touchés par le syndrome du canal carpien sont notamment l’agriculture, l’industrie manufacturière (textile, cuir, chaussure…), l’agroalimentaire (découpe de viande), la construction, le nettoyage, le transport et l’entreposage. 

Cependant, tous les travailleurs surutilisant leurs mains et poignets sont à risque : ouvriers à la chaîne, peintres, jardiniers, coiffeuses, aides-soignantes, mais aussi tous les personnels de bureau travaillant sur clavier informatique avec souris. 

À ces facteurs professionnels peuvent s’ajouter des facteurs personnels comme :

  • l’âge (le risque est plus élevé à partir de 40 ans) ; 
  • le sexe (les femmes sont davantage touchées) ; 
  • un surpoids, un diabète, des problèmes hormonaux ou articulaires. 

Évolution du syndrome du canal carpien : agissez dès les premiers signes !

Au fil du temps et sans correction des facteurs favorisants, le nerf médian peut être endommagé et les muscles de la main s’affaiblir. Dans ce cas, la douleur devient fatigante et peut s’étendre vers le bras. La perte de force et de sensibilité est de plus en plus permanente. Tout cela nuit au bien-être et entraîne un handicap pour la vie quotidienne et professionnelle. De plus, un syndrome du canal carpien avancé peut nécessiter une intervention chirurgicale.

Le saviez-vous ? Les TMS des mains, des doigts et des poignets sont en haut de la liste des TMS reconnus comme maladie professionnelle chez les femmes. 

Heureusement, le syndrome du canal carpien évolue lentement : il est possible de prévenir l’aggravation et de faire régresser les symptômes si ceux-ci sont détectés précocement. 

Les premiers symptômes sont sensitifs : ne laissez pas s’installer des inconforts de type fourmillements, perte de sensibilité ou douleur nocturne, même minimes et passagers. 

Les bons réflexes pour prévenir le syndrome du canal carpien

  • Essayez d’éviter les torsions, fléchissements ou extensions forcées ou répétées au niveau du poignet. Par exemple, gardez au maximum votre main dans l’alignement de l’avant-bras en tenant votre outil. Préférez changer de position un objet sur lequel vous travaillez ou votre corps par rapport à cet objet plutôt que de solliciter votre poignet.
  • Si vous êtes assis(e) à votre poste, utilisez un siège ergonomique à bonne hauteur et de préférence avec des accoudoirs. Si vous travaillez sur écran, privilégiez un clavier ergonomique ainsi qu’une souris verticale ou un support pour poignet.
  • Utilisez des outils à main à manche ou poignée adaptée à la taille de votre main. Mettez des gants si vous vous servez d’outils électriques qui vibrent.
  • Faites des pauses régulières de 2 ou 3 mn, au moins toutes les heures pour soulager les tensions dans les membres supérieurs. Profitez-en pour réaliser quelques exercices doux : rotation lente des poignets, massage de la paume et étirement des doigts, « secouage » des mains. Vous pouvez également écarter les bras tendus puis ouvrir les mains vers l’arrière : cela détend le nerf médian.
  • Sollicitez votre supérieur hiérarchique pour voir si un changement d’outil ou d’organisation, comme une rotation des tâches avec un collègue, pourrait vous soulager.

L'accompagnement du CIAMT : plus qu'une visite médicale

Ne négligez pas des gênes apparaissent au niveau de votre poignet, vos doigts ou vos mains. Certains salariés les ignorent en pensant que ce n’est pas grand-chose et que ça passera tout seul. D’autres craignent que leur manager leur reproche une perte d’efficacité. Mais au contraire, il faut vous écouter et parler à votre médecin du travail : à votre prochaine visite si celle-ci est proche, ou en le sollicitant directement. 

Le médecin du travail va vous écouter, vous examiner et vous orienter vers votre médecin traitant ou un spécialiste si nécessaire : vous aurez alors un diagnostic et si besoin un traitement et/ou un arrêt de travail. Il va également évaluer l'impact de votre poste sur vos troubles et, le cas échéant, se tourner vers votre employeur avec votre accord.

Rassurez-vous, protéger la santé des travailleurs, c’est le rôle du médecin du travail et un devoir de l’employeur. L’objectif du médecin du travail et de l’équipe d’un service de prévention et de santé au travail (SPST) comme le CIAMT est le maintien en emploi et l’adaptation du poste au salarié. Le CIAMT dispose d’experts ergonomes et d’outils technologiques innovants tels que MATVISIO qui permet d’analyser les contraintes, postures et gestes à risque de TMS d’un poste de travail. Selon votre situation, il pourra vous conseiller et fournir à votre employeur des préconisations d’aménagements de poste permettant de prévenir l’aggravation de vos troubles et de retrouver un meilleur bien-être au travail.


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