Reprise du travail après maladie de longue durée : étapes clés

2 février 2026

Après un long arrêt maladie, la question de la reprise du travail se pose, pour le salarié comme pour l’employeur. Le lien avec le monde professionnel s’est-il relâché ? Le poste peut-il être réintégré tout de suite ? Des aménagements sont-ils possibles en cas de handicap ? L’information, la communication et l’anticipation sont les piliers d’un retour à l’emploi dans les meilleures conditions. Différents dispositifs permettent de concilier les besoins du salarié avec ceux de l’entreprise : découvrez les étapes du parcours, les acteurs impliqués et les solutions envisageables.  

Préparer le retour à l’emploi après une longue maladie

Étape 1 : Le rendez-vous de liaison 

  • Pour qui ?   Tout salarié en arrêt maladie depuis au moins 30 jours.
  • Quand ? Pendant l’arrêt de travail.
  • À l'initiative de qui ?   L’employeur. Le Service de Prévention et de Santé au Travail peut y être associé (notamment la cellule de prévention de la désinsertion professionnelle).  
  • Avec qui ? Le médecin du travail. 
  • L’objectif ? Cette discussion non médicale permet de garder le lien entre le salarié et l’entreprise. Il est l’occasion d’informer le salarié de ses droits et des dispositifs de prévention de la désinsertion professionnelle. Le droit à la visite de pré-reprise et les aménagements de poste possibles sont également évoqués.  
  • Obligatoire ? Non.

    Étape 2 : La visite de pré-reprise

    • Pour qui ? Tout salarié en arrêt maladie depuis au moins 30 jours et en particulier si des difficultés de retour à l’emploi sont à prévoir du fait de l’état de santé.
    • Quand ? Pendant l’arrêt de travail.
    • À l'initiative de qui ? Du salarié, du médecin-conseil, du médecin traitant ou du médecin du travail.
    • Avec qui ? Le médecin du travail. 
    • L’objectif ? La visite de pré-reprise est un examen médical et un temps d’échange destiné à évaluer les capacités du salarié et à l’aider à reprendre son poste dans les meilleures conditions ou un autre poste compatible avec son état de santé. Si besoin, le médecin du travail recommande des aménagements du poste de travail, un reclassement, une reconversion ou encore une formation pour une réorientation professionnelle.
    • Obligatoire ? Oui.

      Étape 3 : La visite de reprise

      • Pour qui ? Tout salarié en arrêt maladie depuis au moins 60 jours ou en arrêt maladie professionnelle quelle que soit la durée.
      • Quand ? Dans les 8 jours à compter de la reprise effective.
      • À l'initiative de qui ? De l’employeur.
      • Avec qui ? Le médecin du travail. 
      • L’objectif ? Durant la visite de reprise, le médecin analyse l’état de santé du salarié et son aptitude à reprendre son poste. Il peut préconiser des aménagements, l’adaptation du poste et du temps de travail, ou le reclassement professionnel du salarié. S’il y a eu une visite de pré-reprise, les solutions qui avaient éventuellement été préconisées par le médecin du travail sont examinées. Seulement si nécessaire, un avis d’inaptitude du salarié peut être émis.
      • Obligatoire ? Oui.

      Les dispositifs pour le maintien dans l'emploi ou l’accès à un nouvel emploi

      Le travail à temps partiel (TPT) pour motif thérapeutique

      • Pour qui ? Un salarié à la suite d’un arrêt maladie ou en emploi avec une Affection Longue durée (ALD).
      • Quand ? À la reprise du travail, ou à tout moment si des limites physiques et psychiques dues à l’état de santé apparaissent.
      • À l'initiative de qui ? Du salarié.
      • Par qui ? Le médecin traitant, avec l’accord du médecin conseil de l’assurance maladie et de l’employeur. 
      • Objectif ? Le TPT est destiné à adapter le temps de travail hebdomadaire du salarié à sa situation de santé. Les heures travaillées peuvent être réduites à 50 % (mi-temps), 60 %, 70 %, etc. Il favorise une reprise progressive au retour à l'emploi après longue maladie ou le maintien à l’emploi du salarié en cas de changement de son état de santé. 
      • Obligatoire ? Non.

      La reconnaissance de qualité de travailleur handicapé (RQTH)

      • Pour qui ? Un salarié dont la possibilité de maintien en emploi est diminuée par une dégradation physique, sensorielle, mentale ou psychique. 
      • Quand ? Pendant l’arrêt de travail ou au retour à l’emploi, dès lors que le salarié sent que son état de santé limite (ou va limiter) sa capacité à travailler.
      • À l'initiative de qui ? Du salarié, qui adresse la demande de RQTH à la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de son département, de préférence par l’intermédiaire du médecin du travail qui dispose de formulaires accélérant la procédure. 
      • Par qui ? La Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH), qui accorde ou non la RQTH en fonction de son évaluation du dossier. 
      • Objectif ? La reconnaissance de qualité de travailleur handicapé permet au salarié de bénéficier de facilités pour garder ou envisager un nouvel emploi : aménagement des horaires, adaptation du poste de travail (équipements, logiciels…), obligation d'emploi des travailleurs handicapés (OETH) en entreprise, etc.
      • Obligatoire ? Non.

      Le reclassement professionnel

      • Pour qui ? Un salarié inapte à reprendre son poste habituel du fait de son état de santé ou de l’impossibilité d’aménager le poste de travail.
      • Quand ? Généralement, à la visite de reprise après un arrêt de travail prolongé.
      • À l’initiative de qui ? Du médecin du travail.
      • Par qui ? L’employeur, avec l’avis du médecin du travail et du Comité Social et Économique (CSE).
      • Objectif ? Le reclassement permet le maintien en emploi du salarié en cas d’inaptitude au poste qu’il occupait avant son arrêt. L’employeur doit proposer au salarié un autre emploi adapté à ses compétences, ses capacités et son état de santé, dans son entreprise ou une filiale du même groupe.
      • Obligatoire ? Oui pour l’employeur, sauf s’il prouve son incapacité à proposer au salarié un reclassement professionnel. Le salarié peut également refuser le reclassement, mais dans ce cas il peut être licencié pour inaptitude. 

      Pour en savoir plus  
      Retour à l’emploi après un cancer : Qui décide de la reprise après un cancer et comment ?