En France, 80 % des handicaps sont invisibles : ils ne sont pas apparents d’emblée et peuvent même passer inaperçus si les personnes concernées n’en parlent pas. Pourtant, les difficultés qu’ils engendrent sont bien réelles. Vouloir s’épanouir dans son travail avec des troubles auditifs, une dépression ou un déficit de l’attention, est-ce donc bien raisonnable ? Oui : un handicap invisible peut donner accès à des droits, des soutiens et des aménagements. Il peut aussi s’associer à des compétences recherchées dans le monde du travail.
Avec 9 millions de personnes concernées, les handicaps invisibles sont divers et variés ! Ils peuvent être physiques lorsqu’il s’agit de maladies chroniques invalidantes : troubles musculosquelettiques, pathologies cardiaques, fibromyalgie, sclérose en plaques, épilepsie, endométriose, maladie de Crohn, cancers, etc.
Il peut aussi s’agir de troubles sensoriels, par exemple des déficits visuels ou auditifs. Les troubles cognitifs (de l’attention, la mémoire…), DYS (par exemple dyslexie), du neurodéveloppement (autisme) ainsi que certaines affections psychiques (dépression sévère, bipolarité…) sont aussi des handicaps invisibles.
Un handicap invisible n’a pas des conséquences sur la vie personnelle ou professionnelle moindres qu’un handicap « visible » : il peut être tout aussi douloureux, incapacitant ou difficile à vivre.
Dans le cadre d’une recherche d’emploi ou du maintien en emploi, les handicaps invisibles ont deux particularités :
C’est fait : le taux de chômage des personnes en situation de handicap est aujourd’hui de 12% : c’est plus celui de l’ensemble de population active (7%). Mais bonne nouvelle, il baisse depuis plusieurs années.
Il apparaît également que 62% des Français avec un handicap invisible estiment plus difficile de trouver un emploi que les personnes valides. Cependant, cette difficulté semble s’amoindrir au recrutement : 81% de ces personnes déclarent ne jamais avoir subi de discrimination à l’embauche parce qu’elles avaient mentionné leur handicap invisible.
Certes, la plupart des personnes avec un handicap invisible estiment que l’engagement des entreprises pour leur inclusion est insuffisante et la plupart des recruteurs en conviennent.
Mais globalement, elle s’améliore, y compris pour la neurodiversité (autisme, troubles DYS) et en particulier dans les grandes entreprises. Certains employeurs sont même à la recherche des compétences et savoir-être que ces handicaps peuvent contribuer à développer : minutie, haut niveau de concentration, empathie, inventivité, engagement dans le travail, etc.
En outre, il existe des dispositifs facilitant l’obtention d’un travail avec un handicap invisible :
Le retentissement des différents handicaps invisibles sur les capacités de travail est très variable selon les individus et selon le poste. De plus, chaque personne concernée a sa propre situation, son vécu et ses valeurs.
Certaines personnes estiment que leur handicap est un problème personnel qui ne regarde personne et ne souhaitent pas en parler. D’autres préfèrent le mentionner au recrutement, voire l’affirmer clairement sur leur CV. Enfin, de nombreuses personnes en situation de handicap craignent d’être stigmatisées au travail et ne savent pas quelle attitude adopter.
Quoi qu’il en soit, évoquer son handicap à son employeur ou futur employeur n’est en rien obligatoire. En somme, la décision de révéler ou non, comment et quand son handicap invisible au travail est un choix personnel en milieu professionnel.
Que font les autres ? Selon un sondage, 43% des personnes avec handicap invisible préviendraient leur recruteur (dont 30% avant la signature du contrat), mais 39 % déclarent qu’elles n’en parleront jamais, ni avant, ni après avoir été embauchés.
On constate toutefois que le handicap invisible est gardé pour soi moins souvent lorsqu’il y a une RQTH (21%) et plus souvent en cas de trouble psychologique ou DYS (44%).
Cependant, parmi les personnes en situation de handicap au travail (dont les ¾ invisibles), 7 sur 10 estiment que leur entreprise ou organisation est plutôt bienveillante et inclusive à leur égard. Et 2 sur 3 saluent la mise en place des aménagements de leur poste de travail.
En conclusion, si vous avez un handicap invisible, évitez l’autocensure à partir d’idées reçues ou de défaitisme. N’hésitez pas à demander conseil à votre référent en recherche d’emploi ou votre médecin du travail.
Cela pourra vous éviter des malentendus avec vos interlocuteurs, vous donner accès à des aménagements utiles et augmenter vos opportunités de valoriser vos compétences singulières.